Travailler sur l’autonomie de l’allure en longe ou en liberté

Pendant toute mon enfance et mon adolescence j’ai appris à longer des chevaux en les sollicitant constamment. Le plus important était le mouvement et l’engagement même si ceux-ci découlaient d’un flot incessant d’appels de langue et de mouvements de chambrière. Est venu ensuite se rajouter à cela la « mode » des enrênements pour imposer une bonne posture de travail au cheval, toujours dans la contrainte permanente.

J’ai heureusement eu la chance de découvrir une autre équitation, une autre façon de faire et de voir les choses. Et si au lieu de chercher à contraindre et à stimuler sans cesse les chevaux on mettait en place un travail plus doux et plus agréable? Le travail devient alors plus juste et même le mot travail semble un peu trop fort. Il est évident que ce mode de fonctionnement peut aussi être appliqué à cheval, on évitera ainsi de constamment porter son cheval.

Pour mettre le cheval sur un cercle, que ce soit en longe ou en liberté je me place face à lui. Pour aller par exemple à main gauche, je vais ouvrir mon épaule gauche et avec ma main droite et la chambrière je vais demander à l’épaule gauche de mon cheval de se déplacer vers la droite.

Une fois sur le cercle, pour mettre en place l’autonomie dans l’allure je ne sollicite pas mon cheval tant qu’il reste à l’allure demandée. Que ce soit au pas, au trot ou au galop, et même si parfois cela est dur à regarder tellement l’allure est lente, je ne demande rien de plus. Si mon cheval est au pas, je lui demande de repartir seulement s’il s’arrête complètement. Mes demandes sont tout le temps progressives et le but est qu’à un moment il réponde à la première sollicitation. Au départ, il arrive de devoir demander un nombre infini de fois au cheval de repartir au pas surtout s’il est habitué à être porté. Il ne faut nullement s’agacer ou baisser les bras, les progrès peuvent être rapides car votre cheval va vite comprendre que c’est plus confortable. Il pourra en effet trouver le pas qui lui correspond et l’attitude la plus agréable en réfléchissant de lui même. On ne lui impose plus un rythme et une position, on lui laisse chercher en l’accompagnant.

Pour ma position et mon attitude, je suis calme et relâchée en suivant juste du regard mon cheval. Je ne le porte pas non plus « dans ma tête »: c’est-à-dire que mes pensées ne sont pas non plus en train de lui demander sans cesse de marcher ou de trotter. Je suis dans un profond relâchement pour essayer de donner envie à mon cheval de se mettre dans la même disposition. Arrêter de le solliciter que ce soit physiquement ou mentalement est le meilleur moyen de lui faire comprendre qu’il est dans le juste. Imaginez que je vous demande d’aller me chercher une brosse et que lorsque vous partez je continue de vous dire « va me chercher une brosse, va me chercher une brosse… ». Vous allez vous demander si je suis aveugle car vous êtes déjà parti le faire et vous allez sûrement être agacé par mon attitude. C’est exactement pareil quand votre cheval marche et que vous continuez à le pousser.

Petit à petit, vous allez voir que votre cheval au travail va de lui même trouver une allure juste avec de l’engagement et une attitude juste. Il va pouvoir faire fonctionner pleinement et correctement sa musculature en respectant son corps. Un cheval crispé qui a la tête haute va de lui même comprendre qu’il est plus agréable de se relâcher et de tendre son dos. Il pourra ainsi mieux fonctionner sans contrainte et crispation. Le plus dur souvent est pour nous qui devons apprendre à nous taire et à juste regarder.

Leila

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